La Poste invite les grévistes à une nouvelle rencontre
Suite à l'irruption des postiers tullistes en grève au Conseil général de la corrèze, ce vendredi 24 juin, la direction du Courrier Limousin a rencontré à leur demande, les trois représentants des groupes présents au conseil général, Bernard Combes, Michel Paillassou et Dominique Grador.
Les échanges ont porté sur le conflit en cours. À cette occasion la direction s'est engagée à reprendre contact avec les organisations syndicales afin de programmer avec elle une rencontre en début de la semaine prochaine.
Dans un communiqué la direction du courrier du Limousin souligne qu'elle « mettra tout en oeuvre pour que cette rencontre permette d'avancer rapidement. » En attendant le dispositif de continuité de service est maintenu.
samedi 25 Juin 2011
(Source: La montagne)
samedi 25 juin 2011
jeudi 23 juin 2011
Tulle: Conflit des facteurs
Conflit des facteurs, le maire de Tulle tente une médiation
Les postiers tullistes ont reconduit pour demain, jeudi 23 juin, leur grève pour protester contre la nouvelle organisation de travail mise en place depuis lundi.
Hier matin, ils ont rencontré le maire de Tulle, Bernard Combes. Suite à cette réunion ce dernier a tenté une médiation auprès de la Direction corrézienne du courrier de la Poste. Il a relayé deux demandes des facteurs : le gel de la nouvelle organisation jusqu'au 8 juillet (date à laquelle le TGI de Brive doit se prononcer sur la légalité de la nouvelle organisation de travail des facteurs en haute Corrèze, NDLR) et le paiement des journées de grève. « Sur les deux demandes, j'ai eu un refus poli mais ferme de la direction » raconte le maire.
« La direction de la Poste compte mettre en place à partir du jeudi un système de remplacements des tournées ce qui équivaut à briser la grève » constate l'élu. Pour Bernard Combes, il s'agit « d'un bras de fer qu'il faut dénouer ». Pour cela, il a saisi, hier, le préfet de la Corrèze.
mercredi 22 juin 2011
(Source:La montagne)
(L'insoumise)
Les postiers tullistes ont reconduit pour demain, jeudi 23 juin, leur grève pour protester contre la nouvelle organisation de travail mise en place depuis lundi.
Hier matin, ils ont rencontré le maire de Tulle, Bernard Combes. Suite à cette réunion ce dernier a tenté une médiation auprès de la Direction corrézienne du courrier de la Poste. Il a relayé deux demandes des facteurs : le gel de la nouvelle organisation jusqu'au 8 juillet (date à laquelle le TGI de Brive doit se prononcer sur la légalité de la nouvelle organisation de travail des facteurs en haute Corrèze, NDLR) et le paiement des journées de grève. « Sur les deux demandes, j'ai eu un refus poli mais ferme de la direction » raconte le maire.
« La direction de la Poste compte mettre en place à partir du jeudi un système de remplacements des tournées ce qui équivaut à briser la grève » constate l'élu. Pour Bernard Combes, il s'agit « d'un bras de fer qu'il faut dénouer ». Pour cela, il a saisi, hier, le préfet de la Corrèze.
mercredi 22 juin 2011
(Source:La montagne)
(L'insoumise)
mardi 29 mars 2011
Rendez-vous manqué
Ce mardi, devant la Direction de La Poste à TOULON, les grévistes étaient assez peu nombreux.
Pourtant, la dégradation des conditions de travail dans tous les services de La poste est bien réelle.
Réduction des coûts et productivité effrénée sont les deux seuls mots de la Direction de La Poste, au mépris de toute considération pour son personnel.
Les souffrances physiques et psychiques sont les conséquences directes de cette politique économique destructrice.
Pour que La Poste entende enfin son mal-être, le personnel devra se mobiliser de façon plus significative en sortant la tête du guidon (ou du casier) avant que sa situation ne se transforme en condamnation au résignement.
Dans tout l'univers ne reste immuable que l'esprit (Tchekhov).
dimanche 27 mars 2011
Journée d'action
mardi 1 février 2011
Catastrophe humaine en cours à La Poste
Social-Eco - le 27 Janvier 2011
évenement. Suicides
Catastrophe humaine en cours à La Poste
Plusieurs postiers se sont donné la mort ces derniers mois alors que l’entreprise publique est en pleine restructuration. Enquête dans les Bouches-du-Rhône où cinq syndicats appellent aujourd’hui à la grève « pour éviter une vague de suicides comme à France Télécom ». Bouches-du-Rhône, envoyé spécial
C’était il y a moins d’un an, le 1er mars 2010. Au terme d’un débat houleux, qui avait mobilisé des centaines de milliers de citoyens contre le changement de statut, La Poste devenait une société anonyme. Son président, Jean-Paul Bailly, promettait alors que ce nouveau statut ne changerait rien aux missions de service public, notamment de distribution du courrier. L’augmntation du capital de l’opérateur postal à hauteur de 2,7 milliards d’euros doit servir à sa « modernisation ». Derrière l’entrée à marche forcée dans le monde de la concurrence, un drame était sans doute déjà en train de se nouer. Du France Télécom, en pire, avec un plan social qui ne dit pas son nom mais promet de supprimer 50 000 emplois d’ici à 2015, en poussant, entre autres, les fonctionnaires à la démission. Une restructuration en accéléré qui amène les syndicats des Bouches-du-Rhône à tirer la sonnette d’alarme.
27 juillet 2010, au treizième étage d’une tour de Marseille, Myriam Roux, quarante-cinq ans, factrice dans le 15e arrondissement, ouvre la porte de son appartement pour partir au travail, se ravise, fait demi-tour puis saute dans le vide. Brigitte Marie, sa meilleure amie, elle aussi factrice dans le même quartier et qui habite à l’étage au-dessus, se souvient d’avoir discuté avec Myriam, la veille du drame : « Sa tournée avait été rallongée, elle était obligée de prendre deux bus pour la réaliser. Elle était très fatiguée et elle se demandait ce qu’elle allait devenir car elle n’y arrivait plus. Son cas avait été signalé à la direction mais tout le monde s’en foutait. Depuis la restructuration du bureau dans le 15e arrondissement, on est vraiment traité comme de la merde ! Myriam avait des soucis dans sa vie privée, mais j’estime que La Poste est responsable au moins à 50 % de son suicide ! »
accusations et restructuration
Robert Palpant, marié et père de deux enfants, lui, n’avait pas de problème dans sa vie privée. C’est en tout cas le sens du courrier qu’il a laissé à son épouse, Michelle, avant d’aller se jeter sous un TGV le samedi 8 janvier. Dans sa lettre d’adieu, ce postier de Vitrolles demande qu’il n’y ait « pas de représentants de La Poste… » à ses obsèques. Le mardi précédent, sa chef d’établissement recevait un fax dans lequel ce caissier, à qui il était reproché d’avoir volé 160 euros dans un monnayeur, se décrivait comme un pestiféré. « Si j’avais eu connaissance de ce fax j’aurais pu alerter un médecin, estime Michelle qui va devoir prouver à la mutuelle de La Poste, et surtout pour son honneur et l’équilibre psychologique de ses enfants, que son mari s’est bien suicidé à cause de sa souffrance au travail. En fait il était épuisé depuis la réorganisation du bureau… Et puis il se sentait accusé dans cette histoire de monnayeur. »
Frédéric Béringuier, secrétaire départemental CGT chargé du pôle enseigne, est plus précis encore : « J’ai connu Robert en 2009 lorsqu’il a fait grève, pour la première fois de sa carrière, contre la restructuration à Vitrolles. Après une nouvelle réorganisation en 2010, son bureau était passé de huit emplois à trois plus un demi-poste en renfort. Robert, c’était le caissier mais on l’appelait MacGyver car il était capable d’accomplir toutes les tâches. Sa charge de travail était devenue énorme. Quant à l’histoire du monnayeur, c’est très injuste qu’on l’ait accusé parce que cette erreur est très fréquente avec ces machines. Robert était un bon agent du service public que la restructuration a fait craquer. »
Patrick Serugne, cinquante-quatre ans, était lui aussi un bon facteur. Il a pourtant été accusé de vol, suite à la découverte d’un colis ouvert dans son bureau de poste à Saint-Victoret où il officiait depuis vingt ans. « À 10 h 30 ce 12 juin (2010) je l’appelle au téléphone pour lui demander s’il avait bien dormi. Il me répond : “Ça va, ne t’inquiète pas.” Une heure après il se tire un coup de fusil en plein cœur ! » raconte Sébastienne, sa veuve, pour qui il ne fait pas de doute que Patrick était de plus en plus mal considéré à son travail : « Il était le plus ancien du bureau mais on lui avait brutalement changé sa tournée pour la rallonger après la restructuration. Il avait perdu ses bons clients, il partait plus chargé et il travaillait deux heures de plus par jour. Il était fatigué, il allait au bureau avec la boule au ventre. Après l’accusation de vol, il a été harcelé. En octobre 2009, il a craqué puis il a dû aller en maison de repos pour dépression. Le 9 juin, le médecin de La Poste lui a quasiment ordonné de reprendre le travail. À une semaine de la retraite ! »
Myriam, Robert, Patrick… À cette liste de postiers morts brutalement en 2010, il faut ajouter ce facteur marseillais qui a fait un infarctus peu après une violente altercation avec son chef d’établissement, et cette guichetière d’Aix, morte en pleine dépression. Les syndicalistes racontent les cas de postiers qui sombrent dans l’alcool, la drogue, les tentatives de suicide qui se multiplient. C’est par exemple le cas de cette jeune femme transférée d’un centre de tri à un bureau mais sur un poste de comptabilité pour laquelle elle ne reçoit aucune formation. Résultat, elle n’assure pas, subit réprimandes et brimades et finit par avaler un tube de cachets pour mourir. La direction de La Poste qui, selon la CGT, « est dans le déni permanent » (1), met sa tentative sur le compte d’une dépression passagère d’après-grossesse ! Ce tableau déjà très sombre se complète par une hausse importante (33 % selon SUD PTT) du nombre d’accidents du travail (hors suicides) et du taux d’absentéisme pour maladie.
Nationalement, la CGT et FO des Bouches-du-Rhône, qui ont entrepris un recensement macabre, comptent plus de 70 suicides de postiers ces derniers dix-huit mois, soit deux fois plus, pour une même période, qu’à France Télécom. Une véritable catastrophe humaine. Une catastrophe annoncée. Au printemps 2010, le syndicat professionnel des médecins de prévention de La Poste écrit au président du groupe, Jean Paul Bailly, décrit « une situation alarmante » et demande « d’engager des actions concrètes pour enrayer ce qui pourrait devenir un processus morbide ». La lettre revendique « une dimension collective et humaine du travail, le respect et la reconnaissance dus à des agents fiers de servir La Poste », autant de « valeurs qui permettent de garder un sens à leur travail ». Mais comme l’écrivait Robert Palpant, justement à propos de son travail : « À l’idée de l’exécuter, ; tu as le moral en marmelade. (…) Si tu dois l’abattre sans pitié, avant d’abandonner ton lit, souhaite voir changer la vie. » Apprenant son suicide, Guy Jean, un ancien cadre de La Poste à Vitrolles, confie : « J’ai l’impression qu’il s’est sacrifié pour que la souffrance au travail soit dénoncée dans toutes ces entreprises qui ne prennent plus du tout en compte le facteur humain mais seulement la rentabilité. »
(1) Nous avons demandé lundi matin à la direction départementale de La Poste son point de vue sur cette vague de suicides. Au moment où nous mettons sous presse nous n’avons reçu aucune réponse.
(Source: L'Humanité le 27 Janvier 2011)
évenement. Suicides
Catastrophe humaine en cours à La Poste
Plusieurs postiers se sont donné la mort ces derniers mois alors que l’entreprise publique est en pleine restructuration. Enquête dans les Bouches-du-Rhône où cinq syndicats appellent aujourd’hui à la grève « pour éviter une vague de suicides comme à France Télécom ». Bouches-du-Rhône, envoyé spécial
C’était il y a moins d’un an, le 1er mars 2010. Au terme d’un débat houleux, qui avait mobilisé des centaines de milliers de citoyens contre le changement de statut, La Poste devenait une société anonyme. Son président, Jean-Paul Bailly, promettait alors que ce nouveau statut ne changerait rien aux missions de service public, notamment de distribution du courrier. L’augmntation du capital de l’opérateur postal à hauteur de 2,7 milliards d’euros doit servir à sa « modernisation ». Derrière l’entrée à marche forcée dans le monde de la concurrence, un drame était sans doute déjà en train de se nouer. Du France Télécom, en pire, avec un plan social qui ne dit pas son nom mais promet de supprimer 50 000 emplois d’ici à 2015, en poussant, entre autres, les fonctionnaires à la démission. Une restructuration en accéléré qui amène les syndicats des Bouches-du-Rhône à tirer la sonnette d’alarme.
27 juillet 2010, au treizième étage d’une tour de Marseille, Myriam Roux, quarante-cinq ans, factrice dans le 15e arrondissement, ouvre la porte de son appartement pour partir au travail, se ravise, fait demi-tour puis saute dans le vide. Brigitte Marie, sa meilleure amie, elle aussi factrice dans le même quartier et qui habite à l’étage au-dessus, se souvient d’avoir discuté avec Myriam, la veille du drame : « Sa tournée avait été rallongée, elle était obligée de prendre deux bus pour la réaliser. Elle était très fatiguée et elle se demandait ce qu’elle allait devenir car elle n’y arrivait plus. Son cas avait été signalé à la direction mais tout le monde s’en foutait. Depuis la restructuration du bureau dans le 15e arrondissement, on est vraiment traité comme de la merde ! Myriam avait des soucis dans sa vie privée, mais j’estime que La Poste est responsable au moins à 50 % de son suicide ! »
accusations et restructuration
Robert Palpant, marié et père de deux enfants, lui, n’avait pas de problème dans sa vie privée. C’est en tout cas le sens du courrier qu’il a laissé à son épouse, Michelle, avant d’aller se jeter sous un TGV le samedi 8 janvier. Dans sa lettre d’adieu, ce postier de Vitrolles demande qu’il n’y ait « pas de représentants de La Poste… » à ses obsèques. Le mardi précédent, sa chef d’établissement recevait un fax dans lequel ce caissier, à qui il était reproché d’avoir volé 160 euros dans un monnayeur, se décrivait comme un pestiféré. « Si j’avais eu connaissance de ce fax j’aurais pu alerter un médecin, estime Michelle qui va devoir prouver à la mutuelle de La Poste, et surtout pour son honneur et l’équilibre psychologique de ses enfants, que son mari s’est bien suicidé à cause de sa souffrance au travail. En fait il était épuisé depuis la réorganisation du bureau… Et puis il se sentait accusé dans cette histoire de monnayeur. »
Frédéric Béringuier, secrétaire départemental CGT chargé du pôle enseigne, est plus précis encore : « J’ai connu Robert en 2009 lorsqu’il a fait grève, pour la première fois de sa carrière, contre la restructuration à Vitrolles. Après une nouvelle réorganisation en 2010, son bureau était passé de huit emplois à trois plus un demi-poste en renfort. Robert, c’était le caissier mais on l’appelait MacGyver car il était capable d’accomplir toutes les tâches. Sa charge de travail était devenue énorme. Quant à l’histoire du monnayeur, c’est très injuste qu’on l’ait accusé parce que cette erreur est très fréquente avec ces machines. Robert était un bon agent du service public que la restructuration a fait craquer. »
Patrick Serugne, cinquante-quatre ans, était lui aussi un bon facteur. Il a pourtant été accusé de vol, suite à la découverte d’un colis ouvert dans son bureau de poste à Saint-Victoret où il officiait depuis vingt ans. « À 10 h 30 ce 12 juin (2010) je l’appelle au téléphone pour lui demander s’il avait bien dormi. Il me répond : “Ça va, ne t’inquiète pas.” Une heure après il se tire un coup de fusil en plein cœur ! » raconte Sébastienne, sa veuve, pour qui il ne fait pas de doute que Patrick était de plus en plus mal considéré à son travail : « Il était le plus ancien du bureau mais on lui avait brutalement changé sa tournée pour la rallonger après la restructuration. Il avait perdu ses bons clients, il partait plus chargé et il travaillait deux heures de plus par jour. Il était fatigué, il allait au bureau avec la boule au ventre. Après l’accusation de vol, il a été harcelé. En octobre 2009, il a craqué puis il a dû aller en maison de repos pour dépression. Le 9 juin, le médecin de La Poste lui a quasiment ordonné de reprendre le travail. À une semaine de la retraite ! »
Myriam, Robert, Patrick… À cette liste de postiers morts brutalement en 2010, il faut ajouter ce facteur marseillais qui a fait un infarctus peu après une violente altercation avec son chef d’établissement, et cette guichetière d’Aix, morte en pleine dépression. Les syndicalistes racontent les cas de postiers qui sombrent dans l’alcool, la drogue, les tentatives de suicide qui se multiplient. C’est par exemple le cas de cette jeune femme transférée d’un centre de tri à un bureau mais sur un poste de comptabilité pour laquelle elle ne reçoit aucune formation. Résultat, elle n’assure pas, subit réprimandes et brimades et finit par avaler un tube de cachets pour mourir. La direction de La Poste qui, selon la CGT, « est dans le déni permanent » (1), met sa tentative sur le compte d’une dépression passagère d’après-grossesse ! Ce tableau déjà très sombre se complète par une hausse importante (33 % selon SUD PTT) du nombre d’accidents du travail (hors suicides) et du taux d’absentéisme pour maladie.
Nationalement, la CGT et FO des Bouches-du-Rhône, qui ont entrepris un recensement macabre, comptent plus de 70 suicides de postiers ces derniers dix-huit mois, soit deux fois plus, pour une même période, qu’à France Télécom. Une véritable catastrophe humaine. Une catastrophe annoncée. Au printemps 2010, le syndicat professionnel des médecins de prévention de La Poste écrit au président du groupe, Jean Paul Bailly, décrit « une situation alarmante » et demande « d’engager des actions concrètes pour enrayer ce qui pourrait devenir un processus morbide ». La lettre revendique « une dimension collective et humaine du travail, le respect et la reconnaissance dus à des agents fiers de servir La Poste », autant de « valeurs qui permettent de garder un sens à leur travail ». Mais comme l’écrivait Robert Palpant, justement à propos de son travail : « À l’idée de l’exécuter, ; tu as le moral en marmelade. (…) Si tu dois l’abattre sans pitié, avant d’abandonner ton lit, souhaite voir changer la vie. » Apprenant son suicide, Guy Jean, un ancien cadre de La Poste à Vitrolles, confie : « J’ai l’impression qu’il s’est sacrifié pour que la souffrance au travail soit dénoncée dans toutes ces entreprises qui ne prennent plus du tout en compte le facteur humain mais seulement la rentabilité. »
(1) Nous avons demandé lundi matin à la direction départementale de La Poste son point de vue sur cette vague de suicides. Au moment où nous mettons sous presse nous n’avons reçu aucune réponse.
(Source: L'Humanité le 27 Janvier 2011)
mardi 11 janvier 2011
Un nouveau suicide à la Poste
AFP -
Un nouveau suicide à la Poste ravive les inquiétudes sur le mal-être au travail
Le suicide d'un postier des Bouches-du-Rhône et des grèves dans des bureaux de Poste ravivent les inquiétudes sur le mal-être au travail dans l'entreprise, des syndicats et des politiques faisant un parallèle avec France Télécom.
Un postier de 56 ans s'est suicidé samedi à Vitrolles, ce qui en fait le cinquième depuis janvier 2010 dans les Bouches-du-Rhône et le 71e au niveau national, selon la CGT du département.
La direction de la Poste a démenti "formellement" ce chiffre. Il "n?a aucun sens. Nous ne constatons pas ces dernières années de phénomènes particuliers de suicides à La Poste", a-t-elle dit.
Pour Jean-Luc Botella (CGT Bouches-du-Rhône), "tous les suicides (...) ont un lien étroit avec la façon dont se sentent les salariés aujourd'hui dans l'entreprise". Selon lui, le postier a laissé une correspondance à son épouse "qui laisse entendre que son acte était lié à sa situation au travail".
La Poste refuse d'établir pour l'instant tout lien entre ce suicide et les conditions de travail, mais a annoncé avoir mis en place une "enquête interne indépendante".
Direction et syndicat expliquent que l'agent faisait l'objet d'un audit, suite à une erreur comptable de 160 euros qu'il avait commise.
L'épouse du postier a indiqué à l'AFP envisager de "porter plainte, d'autant que la Poste dit que c'était pour des questions familiales ou personnelles, c'est complètement faux".
Selon elle, "cela fait plus de six mois qu'il évoquait des problèmes au bureau. (...) Il était complètement sur les genoux, il avait été arrêté déjà en décembre".
La CGT affirme que le bureau de Vitrolles a connu deux réorganisations successives et une réduction d'effectif non confirmée pas la direction.
Le directeur de la Poste des Bouches-du-Rhône, Dominique Borgeais, a expliqué avoir reçu "un courrier le 4 janvier de l'agent qui faisait état d'un mal-être général. Le jour même, l'assistance sociale de la Poste a été dépêchée et l'épouse appelée". Le postier a été arrêté 7 jours par le médecin du travail, qui devait le revoir à son retour.
M. Botella fait "le parallèle avec France Télécom", tout comme Régis Blanchot (SUD-PTT), qui dénonce la dégradation des conditions de travail.
Comme France Télécom, la Poste est une ancienne entreprise publique confrontée à l'ouverture de son marché à la concurrence. Après de fortes réorganisations et réductions d'effectifs, France Télécom a été marqué par 35 suicides de salariés en 2008 et 2009.
SUD souligne le cas "emblématique" du bureau de poste du Lauzet (Alpes-de-Haute-Provence), où cinq facteurs et factrices sont en grève depuis deux mois contre leur délocalisation à Barcelonnette, ce qui les obligera à faire quotidiennement près de 95 km supplémentaires.
Il a également mis en avant la grève qui dure depuis près de 100 jours dans un centre de tri de Marseille contre l'abus d'intérimaires.
Pour le Parti socialiste, le NPA et le Parti de gauche, le rapprochement avec France Télécom est évident: "France Télécom, on est en plein dedans depuis plusieurs semaines", affirme Olivier Besancenot (NPA), lui-même facteur.
En 2009, FO et des médecins du travail de la Poste avaient déjà alerté alerté sur "des suicides ou tentatives de suicide" dans l'entreprise, en lien avec des causes professionnelles.
Interrogé en octobre par l'AFP, le DRH du groupe Georges Lefebvre avait reconnu que "l'accélération du changement a accéléré un certain nombre d'interrogations bien légitimes" parmi le personnel.
Pour faire face, la Poste a lancé un nouveau plan Santé au travail, fondé sur le suivi individuel par des médecins du travail volontaires et l'instauration d'un délai minimum de 18 mois entre deux réorganisations
(Source: AFP - 11/01/2011 à 20:17)
Un nouveau suicide à la Poste ravive les inquiétudes sur le mal-être au travail
Le suicide d'un postier des Bouches-du-Rhône et des grèves dans des bureaux de Poste ravivent les inquiétudes sur le mal-être au travail dans l'entreprise, des syndicats et des politiques faisant un parallèle avec France Télécom.
Un postier de 56 ans s'est suicidé samedi à Vitrolles, ce qui en fait le cinquième depuis janvier 2010 dans les Bouches-du-Rhône et le 71e au niveau national, selon la CGT du département.
La direction de la Poste a démenti "formellement" ce chiffre. Il "n?a aucun sens. Nous ne constatons pas ces dernières années de phénomènes particuliers de suicides à La Poste", a-t-elle dit.
Pour Jean-Luc Botella (CGT Bouches-du-Rhône), "tous les suicides (...) ont un lien étroit avec la façon dont se sentent les salariés aujourd'hui dans l'entreprise". Selon lui, le postier a laissé une correspondance à son épouse "qui laisse entendre que son acte était lié à sa situation au travail".
La Poste refuse d'établir pour l'instant tout lien entre ce suicide et les conditions de travail, mais a annoncé avoir mis en place une "enquête interne indépendante".
Direction et syndicat expliquent que l'agent faisait l'objet d'un audit, suite à une erreur comptable de 160 euros qu'il avait commise.
L'épouse du postier a indiqué à l'AFP envisager de "porter plainte, d'autant que la Poste dit que c'était pour des questions familiales ou personnelles, c'est complètement faux".
Selon elle, "cela fait plus de six mois qu'il évoquait des problèmes au bureau. (...) Il était complètement sur les genoux, il avait été arrêté déjà en décembre".
La CGT affirme que le bureau de Vitrolles a connu deux réorganisations successives et une réduction d'effectif non confirmée pas la direction.
Le directeur de la Poste des Bouches-du-Rhône, Dominique Borgeais, a expliqué avoir reçu "un courrier le 4 janvier de l'agent qui faisait état d'un mal-être général. Le jour même, l'assistance sociale de la Poste a été dépêchée et l'épouse appelée". Le postier a été arrêté 7 jours par le médecin du travail, qui devait le revoir à son retour.
M. Botella fait "le parallèle avec France Télécom", tout comme Régis Blanchot (SUD-PTT), qui dénonce la dégradation des conditions de travail.
Comme France Télécom, la Poste est une ancienne entreprise publique confrontée à l'ouverture de son marché à la concurrence. Après de fortes réorganisations et réductions d'effectifs, France Télécom a été marqué par 35 suicides de salariés en 2008 et 2009.
SUD souligne le cas "emblématique" du bureau de poste du Lauzet (Alpes-de-Haute-Provence), où cinq facteurs et factrices sont en grève depuis deux mois contre leur délocalisation à Barcelonnette, ce qui les obligera à faire quotidiennement près de 95 km supplémentaires.
Il a également mis en avant la grève qui dure depuis près de 100 jours dans un centre de tri de Marseille contre l'abus d'intérimaires.
Pour le Parti socialiste, le NPA et le Parti de gauche, le rapprochement avec France Télécom est évident: "France Télécom, on est en plein dedans depuis plusieurs semaines", affirme Olivier Besancenot (NPA), lui-même facteur.
En 2009, FO et des médecins du travail de la Poste avaient déjà alerté alerté sur "des suicides ou tentatives de suicide" dans l'entreprise, en lien avec des causes professionnelles.
Interrogé en octobre par l'AFP, le DRH du groupe Georges Lefebvre avait reconnu que "l'accélération du changement a accéléré un certain nombre d'interrogations bien légitimes" parmi le personnel.
Pour faire face, la Poste a lancé un nouveau plan Santé au travail, fondé sur le suivi individuel par des médecins du travail volontaires et l'instauration d'un délai minimum de 18 mois entre deux réorganisations
(Source: AFP - 11/01/2011 à 20:17)
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