jeudi 3 juin 2010

La Poste. Des médecins pointent un mal-être général

La Poste. Des médecins pointent un mal-être général


Suicides, absentéisme, épuisement:dans un courrier au président de La Poste, des médecins du travail tirent la sonnette d'alarme sur la dégradation des conditions de travail. La direction parle d'un diagnostic «abrupt et catégorique».


«La Poste crée des inaptes physiques et psychologiques»: la sentence, définitive, est signée du syndicat professionnel des médecins de prévention de l'entreprise publique. Il y a quelques jours, ces médecins ont transmis un courrier de six pages à Jean-Paul Bailly, le président du groupe La Poste. Avec copies aux ministres ÉricWoerth (Travail), RoselyneBachelot (Santé) et ChristineLagarde (Économie).

Suicides «liés à la vie professionnelle»

Leur lettre débute par un constat alarmant. «Des suicides et des tentatives de suicide surviennent dans toutes les régions, dans tous les métiers et aux différents niveaux de l'entreprise». Suicides, selon eux, «exclusivement liés à des situations de vie professionnelle». Mais le sombre tableau dressé par le syndicat ne s'arrête pas là. «Le taux d'absentéisme pour maladie atteint des niveaux sans précédent», «les accidents de travail et maladies professionnelles sont en très forte augmentation», «le mal-être au travail touche tous les niveaux» de l'entreprise et «les agents de distribution sont confrontés à des situations d'épuisement physique et psychique». Pour étayer leurs affirmations, les médecins citent des exemples concrets: «très forte pression commerciale individuelle et quotidienne» exercée sur les guichetiers, ou encore impossibilité pour les agents d'obtenir des dates de congés en même temps que leurs proches.

« Reflet de la population »

Ce diagnostic, Pascale Duchet-Suchaux, la directrice de la prévention de la santé et de la sécurité au travail pour le groupe La Poste, le conteste et le juge «très catégorique». «Nous comptons 300.000collaborateurs. Ils sont le reflet assez exact de la population française. Ils rencontrent les mêmes difficultés: maladie, divorce, sida...» Selon elle, l'entreprise accomplit de nombreux efforts depuis 1995. Des efforts que la ministre de l'Économie Christine Lagarde vient de se faire longuement détailler par la direction de La Poste. Parmi les arguments mis en avant: desactions de prévention des risques psychosociaux, l'accompagnement humain des projets, la fin du temps partiel imposé, la baisse du recours aux CDD...

«Processus morbide»

Pas sûr que les médecins du travail en pensent autant. Eux qui écrivaient aussi: «Nous avons loyalement alerté nos directions et notre filière (...) et sommes déçus par le peu de considération apportée, voir plus grave par le déni manifeste. Il faut pourtant engager des actions concrètes pour enrayer ce qui pourrait vite devenir un processus morbide, connu aujourd'hui par d'autres entreprises».

Paru le 3 juin 2010
(Source: Le Telegramme)

"L'insoumise"

"A force de tirer sur l'élastique, il finit par lâcher"

La Poste. Sud PTT : "A force de tirer sur l'élastique, il finit par lâcher"


.Secrétaire régional de l'union Sud-Solidaires de Bretagne et salarié de La Poste, le Briochin Serge Le Quéau dresse un tableau alarmant de son entreprise.

Selon le syndicat des médecins de prévention de La Poste, votre entreprise crée des inaptes physiques et psychologiques?

«Nous faisons depuis longtemps le même constat que les médecins mais, jusqu'ici, nous n'étions pas entendus. Comme eux, nous voyons la situation physique et mentale des postiers se dégrader de manière hyper inquiétante. Il y a eu énormément de tentatives de suicide que notre direction a pu cacher. Car, contrairement à France Télécom, il y a de nombreux petits établissements à La Poste. Tous les jours des gens nous appellent pour nous dire que La Poste exerce des pressions pour qu'ils démissionnent. De plus en plus de postiers ont des problèmes physiques et sont déclarés inaptes. Avant, les possibilités de reclassement interne existaient mais, aujourd'hui, La Poste ne l'accepte plus.
Résultat, les médecins sont accablés. Celui des Côtes-d'Armor m'appelle au moins une fois par semaine pour me demander d'intervenir».

Que se passe-t-il concrètement ?

«Il y a une telle intensification du travail, que cela ne peut que péter. Au centre de tri de Saint-Brieuc, avec les nouvelles machines récemment installés, on a l'impression d'être dans un film de Charlot. Les cadences sont tellement rapides que les gens courent tout le temps. Aujourd'hui, le mal-être du personnel est généralisé. D'autant plus que nous sommes en restructuration permanente. Les gens vivent dans une incertitude totale concernant leur avenir. Je reprends l'exemple du centre de tri de Saint-Brieuc dont la fermeture est programmée: récemment, des personnes qui ont plus de 50 ans et qui travaillent de nuit depuis plus de 30 ans se sont vues proposer de devenir facteur roulant. Et ceci, à plus de 50 km de chez elles. Chez les jeunes, c'est pareil. Un collègue de 28 ans travaillant à Dinan m'a raconté qu'au début de sa carrière, il travaillait 10 à 12h par jour, alors qu'il était payé 7h. Tout ça parce que les tournées sont devenues très longues et qu'il avait peur de perdre son travail».

Qu'est-ce qui guide ces choix selon vous?

«Il y a peu, dans notre journal interne, Jean-Claude Bailly, le président de La Poste, a annoncé qu'il souhaitait arriver à un chiffre d'affaires de 23 milliards d'euros, avec un taux de rentabilité (marge brute) de 8%. C'est-à-dire la même rentabilité que les entreprises du Cac 40. Seulement, ces gains de productivité, notre direction veut les faire au détriment des conditions de travail du personnel. Ils veulent augmenter la charge de travail avec toujours moins de moyens. Mais à force de tirer sur l'élastique, il finit par lâcher».

Cette politique est-elle récente?


«Cette lente dégradation s'est faite progressivement. Elle est liée aux suppressions d'emplois. Depuis 2002, 62.000 emplois ont été supprimés au plan national. Et d'ici 2015, 50.000 autres sont programmés. Seulement, lorsque nous parlons de tout ceci avec nos dirigeants, ils utilisent le déni de réalité. Ces méthodes de management sont les mêmes que celles utilisées chez Renault et France Télécom. Et on arrive aux mêmes résultats. Tout ça pour faire passer leur politique de rigueur sociale et de restructuration et augmenter la productivité de l'entreprise».

La résistance des salariés n'est pas possible?

«Pour nous, syndicats, c'est de plus en plus difficile. Car les méthodes de management utilisées par la Poste (et qui ont été théorisé par le psychosociologue américain Tom Peters) s'appuient sur trois piliers: déstabiliser les gens dans leurs repères géographiques, leur faire perdre leurs repères hiérarchiques et les obliger à accomplir des taches contraires à leurs valeurs et à leur éthique. Le but, c'est de casser toute résistance, de rendre les gens serviles. Qu'ils se
raccrochent à la première bouée qu'on leur tend et qu'ils acceptent n'importe quoi».

paru le 2.06.2010
(Source:Le Telegramme)

mercredi 2 juin 2010

Un cumul de CDD excessif à La Poste

Un cumul de CDD excessif à La Poste

Le groupe est accusé d'avoir oublié l'ancienneté de milliers d'ex-CDD.


La Poste est accusée par la CFTC d'avoir sous-rémunéré près de 100.000 postiers en n'incluant pas les années passées en CDD dans le calcul de leur ancienneté.
"Quand La Poste accepte de transformer des CDD en CDI, elle calcule la prime d'ancienneté à partir du dernier CDD, alors qu'il y a des gens qui sont en CDD depuis des années", a indiqué Me Blandine Sibenaler, l'avocate de la CFTC, qui a plaidé la prise en compte dès le premier CDD.

"C'est la première fois qu'une action collective est lancée sur ce sujet. Nous souhaitons que le tribunal de grande instance, au niveau national, rappelle à La Poste qu'elle doit respecter l'obligation légale, que la règle soit posée", a-t-elle ajouté.

De son côté, La Poste a précisé qu'elle "ne souhaite pas commenter une procédure en cours, mais souligne son caractère pour le moins extravagant". Selon l'entreprise, 19.000 personnes en CDD ont vu leur contrat transformé en CDI entre 2005 et 2009, et "seulement 3,3% des salariés sont aujourd'hui en CDD".

Le jugement est mis en délibéré. Il sera rendu le 6 juillet.

02 JUIN 2010
(Source Europe 1)

"L'insoumise"

Elne, Bages, Villeneuve-de-la-Raholes: les facteurs en ont ras la casquette...

A la Poste, les facteurs en ont ras la casquette...

Les agents d’Elne ont initié le mouvement en avril, suivis fin mai par leurs collègues de Bages et Villeneuve-de-la-Raho. Ce samedi, le syndicat Sud-PTT appelle à la grève sur tout le département.

Tournées à rallonge, heures supplémentaires quotidiennes non payées et réforme organisationnelle en cours : les facteurs d’Elne en ont plein les sacoches et ras la casquette. Pour la 5e fois depuis le 10 avril, ils seront en grève ce samedi 5 juin, tout comme leurs collègues de Bages et Villeneuve-de-la-Raho, qui les avaient déjà rejoints le 29 mai dernier (nos éditions précédentes); 91% des agents étaient alors en grève, soit la totalité des titulaires. Cette fois, à l’appel du syndicat Sud-PTT66, le préavis de grève s’étend à tout

le département.

Depuis deux mois, les facteurs d’Elne demande, face à l’accroissement démographique, la création de deux tournées supplémentaires, le paiement des dépassements horaires, la requalification en CDI d'un contrat en CDD, le report de la nouvelle organisation prévue pour le 22 juin prochain et surtout,"le respect des droits et de la dignité au travail".

Mais le mal-être au travail ne leur est pas réservé. "Avec 80 emplois supprimés à La Poste et 19 autres sur Perpignan, alors que la population croît sur tout le département, la pression et le stress sont devenus le lot quotidien des agents", assure Bernard Cristofol, secrétaire départemental du syndicat Sud-PTT.
"Les agents, et même l’encadrement, n’en peuvent plus. Une collègue me disait : "Le dimanche, je dors". Une autre confie ne plus avoir le courage, le soir en rentrant du travail, de s’occuper de ses enfants. Et en face, à la direction, c’est l’autisme et le reniement d’engagements même écrits" , dénonce le syndicaliste.

La réplique des agents est donc la grève. (...)

(Lire la suite et l'intégralité de l'article dans l'édition catalane de l'Indépendant du 2 juin)

Paru le 1.06.2010
(Source: L'independant)

"L'insoumise"

mardi 1 juin 2010

Meaux Principal Enseigne

Meaux Principal Enseigne :
elles et ils repartent dans l'action le 9 juin.

Secteur postal

Si la Poste croit que le personnel de Meaux principal va baisser la garde, elle a tout faux!

Si la Poste a grandement fait machine arrière sur la modulation du temps de travail, elle ne veut rien entendre sur la question toute aussi cruciale de l'emploi. En effet, dans le cadre de la réorganisation, le Terrain de Trilport avait être absorbé par celui de Meaux. Et bien pour la Poste, Meaux + Trilport= -3.5 emplois! Face à cette volonté de "casser" l'emploi, donc d'aggraver les conditions de travail et d'accueil, le personnel, avec la CGT FAPT 77, a redécidé la grève illimitée à compter du 9 juin

Paru le 1 juin 2010
(Source: CGT FAPT 77)

"L'insoumise"

Ain: Oyonnax : la grève des facteurs dure depuis une semaine

Oyonnax : la grève des facteurs dure depuis une semaine

Hier encore, 90 % des facteurs du centre de distribution d'Oyonnax étaient en grève. Ils protestent depuis une semaine contre une nouvelle organisation du travail proposée par leur direction. Toutes les tentatives de négociation ont échoué jusqu'à maintenant. Une nouvelle mobilisation est prévue aujourd'hui.

De son côté, La Poste s'est organisée pour assurer la relève des boîtes à lettres. Elle met aussi à disposition des usagers tous les courriers urgents.

Paru le 1 juin 2010
(Source: Le Progrès)

"L'insoumise"

La Seyne (Var) : Mobilisation contre la suppression des tournées de facteurs (Var)

La Seyne

Mobilisation contre la suppression des tournées de facteurs

Le comité de défense des usagers des services postaux et la CGT de La Poste estiment que les suppressions de tournées vont « accroître la charge de travail des facteurs ».

«Il y a vraiment un mépris total de l'action des salariés et du comité de défense des usagers », commente avec amertume Christine Sampéré, adjointe PCF. Postés devant le bureau des Plaines, plusieurs élus de La Seyne et Saint-Mandrier (1) dénoncent aux côtés de la CGT la suppression de huit tournées - dont une à Saint-Mandrier - effective depuis le 18 mai.

Ces suppressions, qui s'inscrivent dans le cadre du plan « Facteurs d'avenir » engagé au niveau national par La Poste, ont entraîné une nouvelle répartition du courrier pour les facteurs.

« Nous avons rencontré la direction départementale de la Poste mercredi dernier (le 19 mai, Ndlr). Pour elle, nous n'avons rien compris, tout va très bien. Pourtant, plus de 51 000 postes ont déjà été supprimés entre 2002 et 2008 », reprend Christine Sampéré.

« Plus de trajets »

Les élus communistes et la CGT estiment que cette réorganisation « augmente la précarité des postiers et accroît leur charge de travail en affichant clairement des objectifs de rentabilité ». « La direction ne parle pas en termes de tournées, mais de lettres », précise l'adjoint au maire, Christian Bianchi « Du coup, enchaîne Denis Lainé, délégué CGT de La Poste, ils estiment que comme il y a moins de lettres les trois premiers jours de la semaine, cela justifie des tournées en moins. Or, les facteurs sont débordés, ils ne cessent de faire des heures supplémentaires pour absorber le travail en plus ».


Ce que confirme Jean-Jacques, postier depuis 30 ans qui est passé du secteur de Saint-Mandrier à celui de La Seyne depuis le 18 mai. « Comme il y a moins de tournées, on doit faire plus de trajets pour distribuer le courrier. J'ai 700 boîtes à faire et je dépasse les horaires régulièrement pour boucler ma tournée », explique-t-il.

À Saint-Mandrier, le conseiller municipal PCF Jean-Marie Jégou craint « à court terme la fermeture du bureau de poste de Pin-Rolland où il ne reste plus qu'une personne à mi-temps ». L'élu d'opposition (PCF) a fait circuler une pétition qui a recueilli 900 signatures, « un record pour Saint-Mandrier », selon lui. À La Seyne, plus de 2 000 usagers ont également signé la pétition du comité de défense de La Poste.

Paru le 26.05.2010
(Source:Var Matin)

"L'insoumise"